Le golf pour tous sur les rives du canal à Livry-Gargan

Sur les bords du canal de l'Ourcq, à 1 km à pied de la gare RER de Sevran-Livry et accolé au parc forestier de la Poudrerie, le golf de la Poudrerie s'est donné pour mission de rendre accessible la discipline au plus grand nombre. Experte jusque-là en mini-golf, la journaliste d'Enlarge your Paris Joséphine Lebard s'y est essayée avec succès lors d'une séance d'initiation.

Comment me rendre au golf de Livry-Gargan ?

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Adresse

Allée Paul Vieille
93190 Livry-Gargan

Si le lundi, c'est raviolis, le mercredi, c'est golf à la Poudrerie. Le parc forestier à cheval sur les communes de Sevran et Livry-Gargan (Seine-Saint-Denis) héberge un golf neuf trous. Sa spécificité : conçu par le conseil départemental et géré par l'UCPA, il mise sur une démocratisation de ce sport à l'image encore CSP +++. Ça tombe bien, car des préjugés sur ce sport, j'en arrive plein ma besace. Et je dégaine lourdement le premier à Flavie Capitaine, la responsable des lieux. Franchement, entre nous, le golf, c'est un peu un sport de feignasse, non ? « Je ne connais pas beaucoup de feignasses qui sont OK pour marcher durant quatre heures, le temps du parcours », me réplique-t-elle.
Le caquet ainsi rabattu, je lui emboîte le pas, accompagnée de ma petite troupe - une amie, ses deux filles ainsi que mon fils. On entend les enfants chuchoter : « Ce serait trop bien si notre balle atterrissait sur le pare-brise d'une voiture et qu'elle le cassait !». Légèrement inquiète quant à cette vision très freestyle du sport, je checke rapidement que mes contrats d'assurance sont à jour puis presse le pas pour rejoindre Flavie et démarrer notre séance d'initiation : 28 € pour deux heures, histoire d'avoir moins l'air d'une bille sur le green.

Un stroke-play s'il-vous-plaît...

Et justement, c'est sur le green que tout commence. Contrairement à ce que je croyais, le green ne correspond pas à l'ensemble du parcours de golf, mais à l'espace taillé plus ras - 4 mm, me précise Flavie - autour des trous. On commence donc par la précision. Flavie me fait renoncer à cette grande maîtrise technique acquise par des heures passées au mini-golf : non, on ne joue pas avec les poignets. Ce sont aux épaules d'opérer un mouvement de balancier.
Une fois qu'on s'est un peu chauffés, elle nous propose un stroke-play. Ah, voilà ! On y arrive au sport de feignasse ! Dix minutes de jeu et on sirote un cocktail sur le green ! Sauf que le stroke-play consiste à effectuer un parcours en faisant le minimum de points. My mistake... Nous voilà donc arc-boutés sur nos clubs, lorgnant d'un œil notre balle, de l'autre les performances de nos comparses. J'arrive deuxième. Certes, après Charlotte qui a douze ans, mais bon... Mon fils arrive bon dernier. Du menton, il désigne un auvent : « Je vais être meilleur à ça je pense ».
« Ça » en l'occurrence, c'est le practice. Après nous avoir attribué à chacun un tapis, Flavie nous explique les règles de sécurité. On ne déambule pas à la cool au risque de se prendre un méchant coup de club. Munis d'un seau, nous commençons à tenter d'envoyer voler la balle. Je dois avouer que, avec son style légèrement bourrin, mon fiston se débrouille pas mal. Ses balles décollent avec une belle amplitude - certes, dans tous les sens, mais bon, on ne va pas lui demander d'être Tiger Woods au bout d'un quart d'heure - tandis que les miennes peinent à monter... quand je ne les rate tout simplement pas au moment de frapper. Pour améliorer notre geste, Flavie nous invite à nous installer derrière un vaste cercle de métal. Notre club ne doit pas quitter la structure. Je comprends alors qu'il ne faut pas mégoter sur l'amplitude. De retour au practice, ça va tout de suite mieux. Et c'est assez satisfaisant puisqu'au bout d'une heure de cours avec Flavie, on est déjà capable de se débrouiller un peu.

Choc des Titans sur le parcours

Des connaissances qu'elle nous propose de mettre illico en pratique sur le parcours via un greensome, match par équipe. Les mères contre les enfants. Cela ne va pas renforcer l'amour filial mais cela semble doper l'esprit de compétition chez les plus jeunes. Avant de passer aux choses sérieuses, on profite du decorum : depuis les plans d'eau, le chant des grenouilles monte. Sur le gazon, les oies bernache déambulent sans grande inquiétude. A la surface d'une autre pièce d'eau, un ragondin émerge. On se croirait dans la campagne anglaise... à quelques encablures de la RN3. Je sens mes a priori contre le golf fondre comme neige au soleil. Galvanisée, je tape dans ma balle que je vois décoller à une distance tout à fait honorable. Comme les pros, j'ai même fait valser la motte de terre que Flavie m'apprend à remettre correctement.
À regarder les enfants œuvrer, je me dis que le golf est aussi une bonne école de la patience et de la précision, des qualités qui s'affûtent dans un contexte ludique. Et, après des mois de confinement, cela fait chaud au cœur de les voir déambuler joyeusement au vert... En souriant, Flavie nous rappelle la célèbre phrase de Mark Twain : « Le golf est une agréable balade gâchée par une petite balle blanche ». Désolés Mark. Nous, on s'est bien enjaillés !

Crédits photos : © UCPA