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Trois questions à Daniel Weizmann, président du Medef Île-de-France

La crise sanitaire liée au Covid-19 a bousculé les habitudes et les comportements des salariés. Daniel Weizmann, président du MEDEF Île-de-France, aborde ces changements et explore les pistes pour l’avenir en matière de trajet domicile/travail.

Quels enseignements tirez-vous de la crise sanitaire liée au COVID-19 et de ses conséquences sur le quotidien des salariés ?

Les salariés, tout comme les entreprises, ont dû faire preuve d’adaptation : il a fallu maîtriser de nouveaux outils informatiques de travail à distance, apprendre à gérer des réunions en visioconférences, s’organiser à la maison pour travailler, parfois aussi travailler en décalé ... Le télétravail, quand il est possible, s’installe dorénavant comme un facteur d’organisation du travail avec évidemment la prise de conscience de la frontière entre la vie professionnelle et la vie privée.

Comment voyez-vous l’évolution de la mobilité des salariés face aux nouveaux modes de travail à la sortie de cette crise ?

Certains salariés ont pris conscience de leurs aspirations à passer moins de temps dans les transports pour recentrer les heures ainsi gagnées sur leur bien-être ou au bénéfice de leur vie personnelle. Le temps de trajet d’un salarié qui pouvait dans certains cas être un frein au recrutement peut dorénavant se gérer au sein d’une organisation qui permet le télétravail. Décaler les horaires de travail permet aussi d’alléger les périodes d’heures de pointe et de gagner en temps de transport et en efficacité. Des salariés moins stressés et fatigués gagnent en productivité. En ce sens, nous sommes favorables à la démarche engagée par les transporteurs comme Transilien avec la Région, pour accompagner ce décalage des horaires, au travers notamment d’informations disponibles dans les gares sur l’affluence.

Quelles modalités de partenariat les entreprises et les transporteurs peuvent-ils mettre en œuvre afin de faciliter la mobilité des salariés ?

Il faudrait réfléchir sur plusieurs aspects :
Le lissage des heures de pointes comme expérimenté à La Défense ou Plaine Commune par la Région en lien avec les transporteurs sont peut-être une base intéressante de discussion pour des partenariats avec les acteurs économiques. D’autres pistes à explorer comme le co-voiturage pour désengorger certains axes routiers méritent aussi qu’on s’y penche…Nous sommes encore en phase exploratoire sur ces sujets. En tout état de cause le dialogue social reste la clef de réussite pour les prochaines évolutions qui s’annoncent.